Village Dorzé

L’ethnie des Dorzé fait exception car, bien qu’elle soit établie en pays oromo, elle n’appartient pas à cette famille, mais à celle des ethnies  abyssines. Un certain nombre de Dorzé est installé dans les plaines qui bordent les lacs, mais la grande majorité se regroupe plus en altitude, sur les versants du mont Gughe, aux alentours du village de Chencha qui se situe à 26 km à l’ouest des rives du lac Abaya . Cachées derrières des plantes de bananier, les singulières habitant de Dorzé apparaissent de part et d’autre de la route. Atteignant souvent plus de 12 mètres de haut, les charpentes en bambou sont recouvertes de feuilles séchées d’ensète. Leurs toits et leurs murs ne faisant qu’un, elles ont une forme ogivale avec, comme un nez au milieu du visage, une saillie qui constitue le porche d’entrée et brise la convexité de la face de l’édifice.

Autrefois guerriers redoutables, les Dorzé se sont reconvertis à la culture de l’ensète et au tissage des chammas en coton. Le dimanche et le jeudi sont jours de marché. Les enfants, les hommes et les femmes des contrées environnantes, accompagnés de la vache familiale, marchent des heures durant, chargés des maigres marchandises destinées à la vente